Le causatif en japonais

Bienvenue dans cette leçon sur le causatif en japonais.

Aujourd’hui, nous allons apprendre à dire « laisser faire » ou « faire faire » en japonais. Dans la langue nipponne, on utilise la même structure pour véhiculer ces deux idées. Cependant, le contexte ainsi que certains indices grammaticaux permettent souvent de savoir comment comprendre les choses.

Vous avez suivi notre parcours grammaire dans l’ordre ? Sachez que nous arrivons bientôt au bout de la partie consacrée à la conjugaison ! L’occasion de vous rappeler qu’il peut être utile de disposer d’un fascicule récapitulatif de diverses structures ou d’un livre de référence comme The Handbook of Japanese Verbs (tous les deux en anglais).

Commençons sans plus attendre !

Un point sur le « causatif » en japonais

Si vous avez suivi ces leçons dans l’ordre, il est fort probable que vous sachiez déjà ce que nous allons vous dire. Comme pour la « forme polie », la « forme passée » ou la « forme passive », il n’y a pas vraiment de « causatif » en japonais. En revanche, il y a un auxiliaire (助動詞 – jodōshi) qui joue trois rôles liés.

Le rôle du jodōshi させる – せる (saseruseru)

Commençons donc par découvrir quels rôles joue l’auxiliaire させる – せる (saseruseru) :

  • 使役 (shieki), « corvée », « tâche ».
  • 許可 (kyoka), « autorisation ».
  • 放任 (hōnin), « non-intervention ».
Vocabulaire et kanji pour 使役
TracéSensKunyomiOnyomiTraitsRadical
使utiliserつか
tsuka

shi
8人 (亻,𠆢)
rôle
service
-エキ
eki
ヤク
yaku
7
Vocabulaire et kanji pour 許可
TracéSensKunyomiOnyomiTraitsRadical
approuver
capable de
-
ka
5
autoriser
permettre
ゆる
yuru
キョ
kyo
11
Vocabulaire et kanji pour 放任
TracéSensKunyomiOnyomiTraitsRadical
libérer
relâcher
はな
hana
ホウ
8攵 (攴)
confier
devoir
responsabilité
まか
maka
ニン
nin
6人 (亻,𠆢)

En français, on pourrait traduire させる – せる (saseru – seru) par « faire … » ou « laisser … ».

Par exemple, la phrase 食べさせる (tabe-saseru) se compose de deux éléments :

  • 食べ (tabe), la forme irrealis (未然形 – mizenkē) du verbe 食べる (taberu), « manger ».
  • させる (saseru), la forme prédicative (終止形 – shūshikē) de l’auxiliaire させる, qui exprime l’autorisation ou la corvée.

De ce fait, 食べさせる (tabe-saseru) peut être compris comme « faire manger » ou « laisser manger ».

Conjugaison de させる – せる (saseru – seru)

Voici la conjugaison de させる – せる (saseru – seru) :

未然形
(mizenkē)
連用形
(renyōkē)
終止形
(shūshikē)
連体形
(rentaikē)
仮定形
(katēkē)
命令形
(mērēkē)
させさせさせるさせるさせれさせろ
させよ
せるせるせれせろ
せよ

Mots pouvant précéder させる (saseru)

Voici les mots pouvant être placés avant させる (saseru) :

Types de motsFormes de させる
一段 - くる
→ 未然形
Toutes

Mots pouvant précéder せる (seru)

Quant à せる(seru), il peut être précédé par ces mots :

Types de motsFormes de せる
五段 - する
→ 未然形
Toutes

Mots pouvant suivre させる – せる (saseru – seru)

Enfin, voici quelques exemples de mots qui peuvent venir après させる – せる (saseru – seru) :

未然形 (させ - せ)
Forme irrealis sase - se
ない
連用形 (させ - せ)
Forme connective sase - se
ます
終止形 (させる - せる)
Forme prédicative saseru - seru
-
連体形 (させる - せる)
Forme attributive saseru - seru
とき
仮定形 (させれ - せれ)
Forme hypothétique saseru - seru
命令形 (させろ - せろ)
Forme impérative sasero - sero
-
命令形 (させよ - せよ)
Forme impérative saseyo - seyo
-

Nous vous conseillons de lire dès que vous en avez l’occasion des livres bilingues français-japonais. Par exemple, vous pouvez vous intéresser à Dans la boîte à clous tous les clous sont tordus, un recueil de poèmes de Hosai. Même s’il n’est pas écrit en japonais moderne, il peut vous aider à gagner du vocabulaire, à découvrir des kanji et à prendre goût à la littérature nippone.

Particules に (ni) et を (o)

On peut lire beaucoup de choses sur l’usage de ces deux particules au « causatif ».

Cependant, en vérité, il n’y a pas de surprise. に (ni) marque une position, quelque chose qu’on pointe du doigt, tandis que を (o) marque la victime, l’objet direct. Comme d’habitude. Souvent, le contexte détermine le bon choix.

Vous avez peut-être lu que に (ni) indiquait la personne faisait l’action, mais c’est faux.

Le cas de la particule に (ni)

Regardez cette phrase :

先生が学生に宿題をさせた。
せんせいががくせいにしゅくだいをさせた。
sensē-wa gakusē-ni shukudai-o sase-ta.
professeur[-thème] étudiant[-position] devoir[-victime] faire[-corvée][-passé].
Le professeur a fait faire leurs devoirs aux étudiants.
(Le professeur a fait faire les devoirs aux étudiants).

Ici, に (ni) n’indique pas la personne qui fait l’action. D’ailleurs, に (ni) ne marque jamais la personne qui fait l’action.

Pour le comprendre, il suffit de décomposer la phrase :

  • 先生が (sensē-ga), « professeur {rôle principal} »
    • Dès le début de la phrase, la particule が nous indique le rôle principal.
    • Ici, c’est donc le professeur qui fait l’action.
  • 学生に (gakusē-ni), « étudiant {position} ».
    • Comme d’habitude に (ni) marque une position, quelque chose qu’on peut pointer du doigt.
    • On peut répondre à beaucoup de questions en pointant du doigt : à qui ? par qui ? pour qui ? Généralement, c’est le contexte de la phrase qui va nous aider à comprendre à quelle question on répond.
  • 宿題 (shukudai-o), « devoir {victime} »
    • Toujours comme d’habitude, を (o) marque une « victime », un objet direct. Qui ou quoi subit l’action ?
  • させた (sa-se-ta) « faire {corvée} {passé} »
    • Ici, nous avons trois mots.
      • D’abord, さ (sa) est la forme irrealis (未然形 – mizenkē) du verbe する (suru), « faire ».
      • Ensuite, せ (se) est la forme connective (連用形 – renyōkē) de l’auxiliaire de corvée せる (seru).
      • Enfin, た (ta) est la forme prédicative (終止形 – shūshikē) de l’auxiliaire du passé た (ta).
      • Mis ensemble, ils peuvent être compris comme « avoir fait faire ».
      • En japonais, comme nous l’avons appris dans la leçon sur l’ordre des mots, l’information principale vient généralement à la fin. Par conséquent ici, « avoir fait faire » est l’action principale.

Explications

À partir de ces informations, nous pouvons analyser la phrase. Tout d’abord, qui joue le rôle principal ? Le professeur. Quelle est l’information principale ? « avoir fait faire ». Nous savons donc que le professeur a fait faire. Il a fait faire quoi ? Les devoirs. Le professeur a fait faire les devoirs à qui ? Aux étudiants.

Grâce aux indications des particules, qui jouent leur rôle habituel, nous savons que cette phrase veut dire :

Le professeur a fait leurs devoirs aux étudiants.

Dans cette phrase, les étudiants ne font pas d’action, c’est le professeur qui fait quelque chose.

Le cas de la particule を (o)

Vous avez peut-être également lu que, dans certains cas, を (o) pouvait marquer la personne faisant l’action. C’est également faux. Regardez cette phrase :

彼は彼女を泣かせた。
かれはかのじょをなかせた。
kare-wa kanojo-o naka-se-ta
Il[-thème] petite.amie[-victime] pleurer[-corvée][-passé].
Il a fait pleurer sa petite amie.

Maintenant, procédons de la même manière. Décomposons-la :

  • 彼は (kare-wa), « Il {thème} »
    • Comme toujours, は (wa) permet d’indiquer un thème de conversation.
    • Comme cette phrase n’a pas de rôle principal marqué par が (ga), nous pouvons faire la supposition raisonnable que le thème de conversation joue le rôle principal de la phrase. Ce n’est pas toujours le cas, mais ici, étant donné le contexte, cette hypothèse paraît vraisemblable.
    • 彼 (kare), « Il » joue donc le rôle principal.
  • 彼女を (kanojo-o), « petite amie {victime} »
    • Comme toujours, を (o) permet d’indiquer une « victime », un objet direct.
    • Ainsi, ici 彼女 (kanojo), « petite amie » subit l’action.
  • 泣かせた (naka-se-ta), « pleurer {corvée} {passé} »
    • Ici, nous avons trois mots à analyser.
    • D’abord, 泣か (naka) est la forme irrealis (未然形 – mizenkē) du verbe 泣く (naku), « pleurer ».
    • Ensuite, せ (se) est la forme connective (連用形 – renyōkē) de l’auxiliaire せる (seru), qui indique la corvée.
    • Enfin, た (ta) st la forme prédicative (終止形 – shūshikē) de l’auxiliaire た (ta) qui indique le passé.
    • Comme nous l’avons vu dans la leçon sur l’ordre des mots, en japonais, l’information principale et souvent à la fin. Par conséquent ici, l’information principale est « avoir fait pleurer ».

À partir des informations que nous pouvons obtenir en lisant la phrase et en regardant les particules, nous déduisons facilement son sens. Tout d’abord, qui joue le rôle principal ?

A priori, « Il ». Quelle est l’information principale ? avoir fait pleurer. Il a fait pleurer qui ? Sa petite amie.

Nous obtenons ainsi la phrase suivante :

Il a fait pleurer sa petite amie.

Dans cette phrase, sa petite amie ne fait pas d’action. C’est « Il » qui fait une action.

Le causatif avec les verbes exprimant une émotion

Observez cette phrase :

彼女は僕を驚かせた。
かのじょはぼくをおどろかせた。
kanojo-wa boku-o odoroka-se-ta.
Elle[-thème] Je[-victime] être.surpris[-corvée][-passé].
Elle m'a surpris.
(Elle a fait être surpris moi)
© bunbuku sur tatoeba.org. CC BY 2.0.

Dans cette phrase, on ne peut utilsier que la particule を (o) derrière la personne qui subit l’action.

C’est souvent le cas avec les verbes d’émotion, pour une raison simple : faire autrement ne serait pas logique.

Pour comprendre pourquoi, ayons le même réflexe que d’habitude. Décomposons la phrase :

  • 彼女は (kanojo-wa), « Elle {thème} »
    • Tout d’abord, on nous indique le thème de la conversation avec la particule は (wa).
    • Si on regarde le reste de la phrase, on s’aperçoit qu’il n’y a pas de が (ga). De ce fait, le rôle principal ne nous est pas précisé. Cependant, en l’absence de contexte, on peut supposer de manière raisonnable que le thème de la conversation 彼女 (kanojo), « elle » fait également office de rôle principal dans cette phrase.
  • 僕を (boku-o), « Je {victime} »
    • Comme toujours, la particule を (o) nous indique la victime, l’objet direct.
    • 僕 (boku), « je » est donc la personne qui subit l’action.
  • 驚かせた (odoroka-se-ta)
    • Nous devons cette fois analyser trois mots.
    • D’abord, 驚か (odoroka) est la forme irrealis (未然形 – mizenkē) du verbe 驚く(odoroku), « être surpris ».
    • Ensuite, せ (se) est la forme connective (連用形 – renyōkē) de l’auxiliaire せる (seru), qui marque la corvée.
    • Enfin, た (ta) est la forme prédicative (終止形 – shūshikē) de l’auxiliaire た (ta), qui marque le passé.
    • Ensemble, ces trois mots signifient « avoir fait être surpris ».
    • En japonais, comme nous l’avons appris lors de la leçon sur l’ordre des mots, l’information principale est souvent à la fin d’une phrase. « Avoir fait ête surpris » est donc l’information principale de cette phrase.

Explications

Maintenant que nous avons analysé la phrase, il nous suffit de prendre le temps de réfléchir. D’abord, posons-nous la question essentielle : qui joue le rôle essentiel ? Elle. Quelle est l’information principale ? a fait être surpris. Elle a fait être surpris qui ? Je (moi). Nous obtenons donc cette phrase :

Elle a fait être surpris moi.

Évidemment, au moment de traduire en français, nous allons préférer une expression plus naturelle pour nous, comme « Elle m’a surpris » ou « Elle m’a pris par surprise ». Mais, ici, ce qui nous intéresse c’est de regarder ce que veut vraiment dire la phrase en japonais.

Comme vous le voyez, « moi » est la victime ici. (Elle a fait être surpris qui ? Moi).

Or, il se trouve qu’avec les verbes exprimant des émotions, la personne qu’on fait être surprise, la personne qu’on fait pleurer, la personne qu’on fait rire est forcément la « victime » de l’action, en raison du sens des verbes. L’action s’applique toujours directement à elle. De ce fait, la partcule を (o) est logiquement utilisée, puisque elle indique la victime (l’objet direct).

Particules avec les verbes intransitifs et intransitifs

Afin de comprendre les explications ci-dessous, nous vous recommandons vraiment de lire au préalable notre leçon sur les verbes transitifs (他動詞 – tadōshi) et les verbes intransitifs (自動詞 – jidōshi).

Avec les verbes transtisitifs (他動詞 – tadōshi)

Avec un verbe transitif, nous pouvons avoir trois éléments principaux :

  • Un coupable, ou un rôle principal, un sujet marqué par la particule が (ga).
    • Souvent, cette particule est omise ou sous-entendue, notamment dans les (nombreuses) phrases où le thème de la conversation (marqué par は (wa)) joue aussi le rôle principal.
  • Une victime, un objet direct marqué par la particule を (o).
  • Une action, représentée par le verbe lui-même, par exemple 食べる (taberu), « manger ».

Faisons une phrase simple avec un verbe causatif :

肉食動物は 肉を食べる (nikushokudōbutsu-wa niku-o taberu).

  • 肉食動物 (nilushokudōbutsu) signifie « animaux carnivores ».
  • 肉 (niku) signfie « viande ».
  • 食べる (taberu) signifie « manger ».

On peut traduire cette phrase par « Les animaux carnivores mangent de la viande ». Ici, les animaux carnivores sont les « coupables », manger est l’action et la viande est la « victime ».

Maintenant, imagions que je veuille utiliser le « causatif » en japonais. Je veux dire quelque chose comme « Je fais manger de la viande aux animaux carnivores ». Voici la phrase que j’obtiens :

肉食動物に肉をたべさせる (nikushokudōbutsu-ni niku-o tabe-sase-ta).

Cette fois, nous pouvons traduire cette phrase par « (Je) fais manger de la viande aux animaux carnivores ». Avec les verbes transitifs, la personne à qui je fais faire est toujours marqué par に (ni). Pourquoi ? Cela découle tout simplement des règles logiques du japonais : avec を (o), on marque la victime de l’action. Or, ici, la victime de l’action, c’est la viande : je fais manger quoi ? la viande.

D’ailleurs, si nous étions dans une œuvre de fiction, je pourrais tout à fait écrire :

肉に肉食動物を食べさせた (niku-ni shokudōbutsuo tabe-sase-ta).

Cette phrase voudrait alors dire « (Je) fais manger les animaux carnivores à la viande » ou « (Je) laisse la viande manger les animaux carnivores ». Comme vous pouvez le constarer, changer la place des particules change (vraiment) le sens.

Avec les verbes intransitifs (自動詞 – jidōshi)

Avec un verbe intransitif, nous n’avons que deux élements principaux :

  • Un coupable, un rôle principal, marqué par la particule が (ga).
    • Souvent, cette particule est omise ou sous-entendue, notamment dans les (nombreuses) phrases où le thème de la conversation (marqué par は (wa)) joue aussi le rôle principal.
  • Une action, exprimée par le verbe lui-même, par exemple 休む (se reposer), « dormir ».

Phrase d’exemple

Regardons cette phrase :

  • 母は私を休ませた (haha-wa watashi-o yasuma-se-ta)
    • Ma maman m’a laissé me reposer / m’a forcé à me reposer.
    • En ce qui concerne ma maman, elle a fait dormir (moi).

Explications

Prenons notre coupable et notre information de base : Ma maman a fait se reposer. Évidemment, la question que nous nous posons ici c’est « Ma maman a fait se reposer qui ? ».

Vous avez sans doute l’impression d’avoir emmagasiné beaucoup d’informations, qui ne sont pas forcément faciles à mettre en œuvre. Cependant, soyez rassurés : le but ici, ce n’est pas de tout apprendre par cœur et de ne jamais se tromper. C’est plutôt d’avoir ces éléments en tête pour y réfléchir lorsque vous lisez et écoutez du japonais.

を et に sont-elles interchangeables avec les verbes transitifs suivis de l’auxiliaire させる – せる (saseru – seru) ?

→ Vous allez peut-être lire, ou avez peut-être déjà lu ailleurs, qu’avec les verbes intransitifs au « causatif » on peut utiliser を (o) ou に (ni) indifféremment pour marquer à qui on fait faire quelque chose ou à quoi on fait faire quelque chose. La théorie serait la suivante :

  • を (o) est utilisée avec les êtres inanimés, ou quand on ne prend pas compte du sentiment de la personne (sens plus proche de forcer à…).
  • に (ni) est quant à elle utilisée quand on prend en compte le sentiment de la personne (sens plus proche de laisser à…).

Toutefois, cette théorie nous paraît à la fois difficile à comprendre et assez peu logique.

De plus, il semble qu’elle n’est pas spécialement vérifiée dans les usages, ni connue des Japonais eux-mêmes.

En pratique, dans une grande majorité des cas, pour les Japonais, を (o) est nettement plus naturelle (y compris quand on veut dire laisser à…). Parfois, pour ne pas dire souvent, を (o) est même obligatoire.

En fait, même s’il est vrai que certains phrases « causatives » avec des verbes intransitifs peuvent parfois fonctionner aussi bien avec を (o) que に (ni) derrière la personne à qui on fait faire quelque chose, cela a plus à avoir avec le contexte et le sens précis de la phrase en question qu’avec de vraies règles de grammaire facilement applicables.

Or, le but de la grammaire, c’est d’être pratique, de vous inciter à parler en vous donnant des outils pour exprimer correctement ce que vous voulez vraiment dire. Bref, le but de la grammaire, c’est d’être encourageante et de vous aider à vous faire comprendre.

À moins que vous n’ayez à passer un examen sur le sujet, autant oublier les « règles » qui ne sont en fait que des descriptions de cas particuliers très précis…

Le causatif et les mots adjoints en japonais

→ Pour comprendre cette partie, nous vous recommandons vraiment de lire notre leçon sur les mots adjoints au préalable.

Quand on veut être clair sur le sens de « laisser faire », on peut ajouter un verbe adjoint :

君の叔父さんは、君に叔父さんの車を運転させてくれたの ?
きみのおじさんは、きみにおじさんのくるまをうんてんさせてくれたの?
kimi-no ojisan-wa, kimi-ni ojisan-no kuruma-o untensa-se-te kure-ta-no?
Tu[-possesseur] oncle[-thème], tu[-position] oncle[-possesseur] voiture[-victime] conduire[-autorisation][-liaison] faire.la.faveur.de[-passé][-question]?
Est-ce que ton oncle t'a laissé conduire sa voiture ?
(En ce qui concerne ton oncle, a-t-il fait la faveur de laisser conduire sa voiture à toi ?)
© bunbuku sur tatoeba.org. CC BY 2.0.

Ici, le verbe くれる a le sens de « faire la faveur de », on comprend donc que l’on parle d’une autorisation, et pas d’une contrainte. Pour le reste, la phrase fonctionne de la même manière que ce que nous avons vu plus haut.

Vous remarquez peut-être que dans la phrase en japonais 君 (kimi), « toit » et 叔父さん (ojisan), «oncle » apparaissent deux fois. C’est quelque chose qu’on essaierait d’éviter en français, mais qui n’est pas nécessairement choquant en japonais.

Quelques exemples

Voici quelques exemples supplémentaires pour mieux saisir les rôles de させる – せる (saseru – seru) :

彼にそれを触らせるな。
かれにそれをさわらせるな。
kare-ni sore-o sawara-seru-na.
Il[-position] cela[-victime] toucher[-laisser][-interdiction].
Ne le laisse pas toucher ça !
Proposée par bunbuku sur tatoeba.org. CC BY 2.0.
彼は私を行かせた。
かれはわたしをいかせた。
kare-wa watashi-o ika-se-ta.
Il[-thème] moi [victime] aller[-corvée][-passé].
Il m'a fait y aller.
(En ce qui le concerne, il m'a fait aller).

Notez que selon le contexte, cette deuxième phrase peut aussi être compris comme « Il m’a laissé y aller ».

Le « causatif passif »

Ce que certains manuels et sites appellent « causatif passif » est en fait le fait d’utiliser à la fois deux jodōshi : せる – させる et られる – れる. En réalité, ces structures ne constituent pas une conjugaison à part. De plus, elles suivent exactement les mêmes règles que d’habitude.

Afin de comprendre les exemples ci-dessous, nous vous recommandons de lire au préalable notre article sur l’auxiliaire られる – れる (rareru – reru), qui marque entre autres le « passif » en japonais, en particulier les sections consacrées à l’usage des particules.

彼は無理やり残業させられた。
かれはむりやりざんぎょうさせられた。
kare-wa muriyari zangyōsa-se-rare-ta
Il[-thème] malgré.soi faire.des.heures.supplémentaires[-corvée][-réceptif][-passé].
On l'a forcé à faire des heures supplémentaires.
(Il s'est fait faire des heures supplémentaires malgré lui).
© bunbuku sur tatoeba.org. CC BY 2.0.
子供の頃、毎日母に青野菜を食べさせられた。
こどものころ、まいにちにあおやさいをたべさせられた。
kodomo-no koro, mainichi-ni aoyasai-o tabe-sase-rare-ta
enfance[-appartenant] période, chaque.jour ma.maman[-position] légumes.verts[-victime] manger[-corvée][-réceptif][-passé].
Lorsque j'étais enfant, ma maman me faisait manger des légumes verts tous les jours.
(À la période de l'enfance, chaque jour, (je me) faisais faire manger des légumes verts par ma maman).
© small_snow sur tatoeba.org. CC BY 2.0.

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Conclusion

Merci d’avoir lu cet article !

Vous avez la possibilité de découvrir nos cours de japonais les plus récents sur cette page. Pour avoir une approche structurelle et organisée de la langue, nous vous invitons à suivre notre parcours grammaire.

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Nos sources sur le causatif en japonais

Japanese Grammar: Proper Particles with the Causative Form (wasabi-jpn.com)

Illustration de couverture : Photo de Ryutaro Tsukata provenant de Pexels.

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