Yasunari Kawabata

En 1968, pour la première fois, un Japonais reçoit le Prix Nobel de littérature : il s’agit de Yasunari Kawabata (川端康成 – Kawabata Yasunari). L’écrivain, actif depuis les années 20, est connu pour ses textes courts et épurés. Il a publié un nombre impressionnant de nouvelles et contribuait régulièrement à des revues littéraires prestigieuses. Avec des amis, il a fondé ou participé à fonder plusieurs magazines littéraires.

Aujourd’hui, nous aimerions vous donner envie de lire ses travaux.

Yasunari Kawabata à sa table de travail
Kawabata travaillant. Photo prise aux alentours de l’année 1946. Source : Mostly Portraits of Yasunari Kawabata.

Pourquoi lire Yasunari Kawabata ?

Kawabata est une bonne porte d’entrée dans la littérature japonaise pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ses œuvres sont courtes, belles et souvent originales étonnantes. De plus, l’écrivain fait preuve d’un esprit poétique puissant, qui permet de dévoiler la beauté de situations et de paysages ordinaires.

Parmi les œuvres les plus connues de Kawabata, on compte Pays de neige (雪国 – yukiguni) et Les Belles endormies (眠れる美女 – nemureru bijo). Les deux ouvrages sont intéressants et différents. Le premier a un côté beau et évanescent, tandis que le second est plus étonnant et mystérieux.

Une œuvre marquée par la fragilité

Plusieurs thèmes imprègnent l »œuvre de Kawabata. Outre la beauté, il y aussi la solitude et de la mort, souvent traitées de manière détachée ou résignée. Ce goût pour le macabre lui vient peut-être de l’enfance. Son père et sa mère sont décédés alors qu’il était très jeune, ce qui lui a valu d’être recueilli par ses grands-parents paternels.

Le personnage de son grand-père marque durablement son esprit : il s’agit d’un original versé dans le mystique. Mais lui aussi finit par s’effacer.

Avant ses seize ans, Kawabata a perdu sa mère, son père, sa sœur et ses grands-parents paternels. Par ailleurs, il se révèle de santé fragile. De ce fait, le thème de l’impermanence, du temps qui passe est omniprésent chez lui.

Yasunari Kawabata, homme de culture et de voyages

Doué pour les études, l’écrivain acquiert de solides connaissances en littératures japonaise et anglaise. Toute sa vie, il visite le Japon et le monde. Ainsi, sur le sol nippon, il découvre entre autres la péninsule d’Izu et surtout le village montagneux de Karuizawa, proche de Tōkyō, dont il fait son repaire pour éviter la chaleur estivale, qu’il a en horreur.

Lorsqu’il visite Izu, Kawabata est enchanté par la beauté d’une danseuse, ce qui fait l’objet d’une nouvelle, La Danseuse d’Izu. Quant à ses voyages, leur empreinte est présente dans quasiment toute son œuvre.

Durant et après la guerre

Durant les guerres opposant le Japon aux forces alliées et à des pays d’Asie, Kawabata travaille essentiellement en tant que journaliste. La défaite finale l’affecte, néanmoins, cela ne l’empêchera pas de se rendre aux États-Unis et en Europe. La période d’après-guerre est également l’occasion de rencontrer et de nouer une amitié forte avec Yukio Mishima (三島由紀夫 – Mishima Yukio).

Naturellement, cette relation a marqué les esprits, les deux personnages étant célèbres et atypiques (Mishima a fait la une des journaux internationaux en se donnant la mort par seppuku en 1970).

Si la relation entre Kawabata et Mishima vous intéresse, vous avez la possibilité de vous procurer leur correspondance. Notez cependant que les deux hommes y parlent autant de littérature que de vie ordinaire et de soucis de santé.

La fin

En 1972, alors qu’il semblait jusque-là répugner à l’idée du suicide, Kawabata, alors âgé de 72 ans, met fin à ses jours. Auparavant, il avait subi plusieurs hospitalisation, et avait également souffert d’une appendicite. Il compte encore aujourd’hui parmi les écrivains japonais les plus connus à l’international.

Il existe une compilation des œuvres traduites en français : Kawabata Romans et nouvelles.

Si vous souhaitez vous lancer dans une lecture en langue originale, vous pouvez vous adresser à la librairie Junku.

→ Découvrez d’autres écrivains japonais et internationaux dans nos pages dédiées.

Sources et lectures complémentaires

Mostly Portraits of Yasunari Kawabata
Une vie, une œuvre : Kawabata (1899-1972) (France Culture)                                                

Biotti-Mache, Françoise. « Un rite social de mort : seppuku aspects historiques », Études sur la mort, vol. 140, no. 2, 2011, pp. 113-122. Voir en ligne.

Molina, Antonio G. « Yasunari Kawabata, Un solitaire devant la mort », Études, vol. tome 331, no. 10, 1969, pp. 389-393.

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